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Atlantis Ultima

 

Les Farfadets 

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Histoire des Farfadets

 

On peut les confondre avec des enfants, même de près, lorsque l’on en a vu que rarement (certains en sont morts d’ailleurs) : leur très petite taille, leur regard malicieux accompagné parfois d’un sourire innocent, leur visage imberbe, jusqu’à leur voix haute au ton moqueur, nombreuses sont les raisons d’être trompé. Cependant si l’on s’attarde un instant sur la fluidité de leur gestuelle, sur l’assurance avec laquelle ils assènent leur faconde, ou sur la vivacité de leurs déplacements aucun doute n’est possible : c’est bien un farfadet que l’on a en face de soi.

FarfadetA la différence des enfants, également, les farfadets sont souvent seuls, soit qui sont trop volubiles, curieux et insatiables en tous pour être faciles à supporter sans agacement profond, soit qu’ils inquiètent par un mutisme et une réserve qui ne ressemblent guère à leur tempérament enjoué, mais qu’une vie éloignée de celle d’un enfant et qu’ils sont obligés de vivre dans un corps de gamin et dans un monde post-apocalyptique leur a imposé.

Il ne sont pas exempt de solidarité, notamment envers ceux qui ont muté comme eux pour recevoir ce corps frêle, cette taille qui dépasse rarement le mètre. Mais cette solidarité ne s’exprime que par occasions, par des coups de mains passagers, des transactions rapides, des services rendus généreusement mais sans que de véritables liens se tissent. La notion d’amitié est rare chez les farfadets. Cependant ils sont fortement conscients des handicaps que leur inflige leur morphologie et ils ont développé une forme d’intelligence sociale rare chez les humains : la notion de dette.

Je ne sais comment décrire autrement cette façon qu’ils ont de juger d’un acte avec cette justesse peu commune lorsqu’ils sont impliqués. Une forme d’empathie éphémère mais unique leur permet de mesurer toute la portée d’une aide reçue ou, au contraire, d’un geste malintentionné. D’une manière ou d’une autre, un farfadet sera capable de vous rendre la pareille, il gardera votre geste en mémoire comme un dette à rembourser et s’en acquittera en temps voulu et de la meilleurs des manières si il en a l’occasion , la valeur du geste prenant le dessus sur la forme, et il le fera le plus naturellement du monde. Les Farfadets ne font pas de meilleurs juges que les autres pour autant, car je le répète, il est nécessaire qu’ils soient impliqué pour que cette forme de transaction sociale s’opère.

Ces êtres sont donc à la fois craints et respectés des autres formes de mutations et des humains, il faut être très sûr de soi pour faire du mal à un farfadet, ou alors être d’une discrétion exemplaire. De même leur caractère malicieux et difficile à vivre rend toute entreprise d’aide difficile, et il peut être risqué de vouloir leur rendre service si on a pas les nerfs solides, mais s’assurer le respect d’un farfadet peut être très précieux.

Ces créatures sont donc plutôt individualistes, tout en possédant une compréhension de leur entourage assez nette. Mais comme chacun, ils ont pris part au développement des sociétés des trois contrées à leur manière. Un peu comme des mercenaires doués et efficaces, ils sont capables de contribuer à élever les différents secteurs d’une communauté avec leurs moyens. Leur gaieté et leur naturel enjoué, pour ceux qui ne l’ont pas perdu, peut parfois le servir de révélateur pour juger d’un caractère, voire d’une âme pour les plus psychologues.

Nullement complexé, le farfadet peut accéder à tout., sauf à certaines activités trop axées sur la constitution physique et qu’ils dédaignent un peu par la force des choses et sans que leur indépendance ait pu vraiment en souffrir.

 

Un farfadet parmi d’autre : Gaspir

 

143 encoches…

Il avait gravé 143 encoches sur le manche de sa hache. Ce manche à lui seul le dépassait presque en taille, lui mon bourreau, Gaspir l’exécuteur, bien sûr la double lame était à l’avenant.

Il procédait ainsi, il ne voulait jamais voir le visage de sa victime avant qu’elle soit emmenée sur le billot. Par contre « pour faire les présentations » il déposait sa fidèle arme, qu’il avait baptisée « Bienvenue » dans un fourreau spécialement conçu et adapté pour accueillir sa fidèle qui placée ainsi devant la grille du cachot pouvait être détaillée à souhait par le condamné.

La hache n’était pas spécialement belle, aucune ornementation, aucun éclat particulier. Elle n’était pas spécialement sale non plus. C’était un manche en bois avec au sommet une double tête d’un acier froid comme un décret du Sombre Ordonnateur.

Cette lame allait glisser sur mon cou et tout serait terminé. J’allais être décapiter par le plus célèbre bourreau de tout R’lyeh, Gaspir, un mystérieux farfadet au professionnalisme jamais remis en cause.

Combien d’innocents parmi ces 143 victimes pourtant ? Combien d’injustes condamnations dues aux lois iniques du Sombre Ordonnateur ? Combien de bouc-émissaires désignés pour satisfaire le peuple et protéger les vrais coupables ?

Gaspir ne s’est jamais posé ce genre de question, et ce n’est pas moi qui allait lui mordiller les mollets de sa conscience non plus. Il fera tomber « Bienvenue » sans état d’âme, comme il l’a toujours fait.

« Bienvenue » : voilà une manière bien mystique de baptiser son arme. Je me demande quelles rapports ce farfadet entretient avec la mort, il a l’air de s’imaginer comme un passeur, un psychopompe. Un type qui assimile son geste létal au don d’un trousseau de clefs. Et puis cette manière de ritualiser, cette présentation morbide de l’arme, tous ces petits détails qui font sa réputation et qui amenèrent peu à peu, par métonymie à désigner Gaspir pour évoquer la condamnation à mort…

Peut être que tous ceci n’est qu’une mise en scène organisée par le Sombre Ordonnateur, un truc pour rendre la mort plus présente, plus vivante, un truc de suppôt de Morgor, aux relents artistiques et sordides…

Un exécutant,( ou exécuteur) peut-il de lui même se fabriquer une telle réputation ? J’en doute, ce farfadet est certainement un pantin…

Déjà l’aube ? C’est incroyable, j’ai réussi à dormir, à raccourcir encore un peu mes derniers moment, à condenser ce qui me restait à vivre, prix à payer pour échapper à l’angoisse qui veut s’emparer de moi.

Il s’empare de sa hache, mes geôliers ouvrent la grille et m’emmène vers ma dernière destination en me serrant de très près. Lui, il ouvre la marche, petit être impressionnant d’assurance par la fermeté et la complicité avec lesquelles il emmène son arme plus haute que lui, sans effort, presque délicatement.

Je ne voyais que son dos, il avait attaché ses cheveux en une longue natte élégante qui tombait, immobile, entre ses omoplates.

Mais lui, il avait déjà pu voir mon visage résigné… et me reconnaître.

Mes geôliers (les pauvres) n’ont pas eu le temps de comprendre, « bienvenue » avait déjà fait son ouvrage, pour la première fois cette arme gagnait ses encoches en violant la loi.

Gaspir, que je connaissais mieux sous le sobriquet de Herb la Martingale, venait de régler ce qui a ses yeux représentait une dette vieille de huit années.

« Partons ! » Commanda t-il.

« Encore une chance que tu n’aies pas eu l’honneur d’une mort en public comme le Sombre Ordonnateur les affectionne. Je te reconnais bien là, toi qui n’a jamais cherché la gloire et les honneurs ».

Au péril de son existence, qui maintenant allait prendre un tour nouveau, et faire de nous des amis unis comme personne, il venait de me remercier d’avoir sauvé sa fiancé que j’avais, presque par hasard, tirée des griffes d’une goule une triste nuit d’hiver.