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Atlantis Ultima

 

Les Mystics 

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Histoire des Mytics

 

On pourrait penser que les mystics ont été privilégiés par rapport aux autres mutants. C’est sans doute vrai pour certains, qui ont profité de leurs facultés intellectuelles exacerbées pour acquérir de nombreuses connaissances par un travail patient. Mais la perception plus aiguë de l’univers que d’autres tirèrent de ses dons les a également fragilisés.
Les mystics les plus sensibles, qui sont parfois aussi les plus doués, ont souvent plus de mal à se départir du poids de ce que le commun des êtres ne peut qu’effleurer. Ils sont comme les pionniers d’un absolu et d’une mystique jamais appréhendée.

MysticAngoisse, anxiété, inquiétude, voilà le lot du mystique un peu trop porté sur la métaphysique. Ce qui les rend étranges pour les autres. Supérieurs intellectuellement, il sont socialement plus méprisés dès lors qu’ils ne parviennent pas à servir la société, dont les normes et les traditions sont mal adaptées à leur perception nouvelle d’un monde qui a pourtant changé lui aussi.

Concrètement cela s’exprime par une incapacité à se servir du savoir accumulé, ou de l’impossibilité de le transmettre, voire pire, le transmettre pour un usage mauvais. Si le Mystic qui a réussi peut apporter un bien considérable à sa société, le Mystic inadapté est lui plus dangereux que le commun des marginaux.

Dans ce monde nouveau, le recensement du savoir est une priorité, mais pour d’autre c’est l’acquisition du savoir qui passe en premier. Servir ou se servir, résister ou non à ses peurs. Tels sont les enjeux du Mystic si on veut les présenter grossièrement. Il en va pour la science comme pour la religion. Dans le domaine scientifique, le Mystic impatient cherchera à attirer sur lui la renommé, ou à se servir de son savoir à des fins personnelles. En religion les Mystics illuminés chercheront à soumettre les êtres à la spiritualité au lieu de se plier aux règles des dieux.

Les Mystics sont donc à la fois très craints et très respectés.

Ils ne forment pas une communauté très homogène comme peut l’être celle des nains. Leur penchant individualiste semble donc écarter l’hypothèse d’une volonté d’assouvir le monde à leur volonté, ce que peut être, leur cerveau hypertrophié pourrait permettre au cas ou ils s’uniraient en vu d’un ténébreux projet.

Mais le mystic n’est pas plus bon ou plus mauvais qu’un autre être, il est juste plus perplexe devant l’ordonnancement des choses du monde et plus désœuvré.

La magie est pour le mystic un domaine familier, presque naturel parfois, cette histoire en est la démonstration parfaite :

 

Un Mystic parmi les autres : Sachiel

 

Sachiel ne recherchait pas la société des hommes, les réunions et les cérémonies de ces mages au chapeau infundibuliforme le laissaient indifférent. Il préférait concocter des potions avec des ingrédients qu’il glanait au cours de ses longues promenades dans la nature, le plus souvent dans des endroits qu’il découvrait.
Bien que doué pour la sorcellerie, il préférait se consacrer entièrement à la fabrication de produits qu’il conservait et étiquetait aussi patiemment qu’amoureusement dans sa cabane plantée près de la frontière entre Atlantis et Mû.

Sachiel ne possède sans doute pas la réserve de produits la plus riche de l’île, mais il n’est pas loin d’en détenir la plus variée. Travaillant seul, ou parfois en compagnie de son ami nain, Hurgur, qui l’a beaucoup aidé pour les travaux artisanaux, il n’est pas dans la même situation que ces commerçants qui payent une somme dérisoire des aventuriers sans le sou pour qu’ils leurs rapportent leur marchandise, et qui se targuent ensuite de posséder les produits les plus rares et les plus inaccessibles. Sachiel sait faire preuve d’une ruse et d’un courage infinis lorsqu’il s’agit de se procurer ces produits rares, son mérite est immense, il est réputé pour posséder tous les ingrédients peu répandus en un exemplaire au moins, et parfois il faut prendre ces substances sur le corps de l’animal lui même, et sans le tuer si possible, certaines espèces très rares, et offrant des produits très précieux ne devant pas être menacée dans leur équilibre.

Sachiel a répertorié divers venins qu’il s’est procurés au péril de son existence, parfois sur des monstres qui faisaient deux fois sa taille, les araignées, les scorpions, les serpents, les basiliks, ils en connaît toutes les espèces de l‘île. Sur tous les sols il a dû se déplacer, et mêmes sous la terre, dans l’eau, ou dans les airs !

Sachiel ne parle pas souvent de lui, mais il arrive qu’au cours d’une soirée un peu arrosée dans une taverne, son compagnon Hurgur raconte les exploits auxquels il a assisté, et c’est avec une diaphane lueur d’admiration dans le regard qu’il narre les aventures du jeune alchimiste, dans ces moments là, il n’y a d’autre centre d’intérêt dans la taverne que la rauque voix du fier nain.

« Plus d’une fois il m’a sauvé, la vie ! Ah… mais il m’est arrivé quelque fois de le sortir du pétrin moi aussi… Hum, mais la dernière fois… je m’étais jeté dans la gueule de Zorg en personne ! Et sans son intervention, si vous aviez voulu connaître le fin mot de l’histoire que je vous raconte maintenant, c’est dans la crypte, et en compagnie d’un bon nécromancien que vous auriez dû aller !

Sachiel avait besoin d’un dard de manticore pour créer un puissant anti-venin. J’ai passé les trois jours qu’il a pris pour se préparer à essayer de le convaincre de ne pas aller dans les cavernes de R’lyeh, seul endroit ou fut déjà recensé cette sale bestiole (une tête ceinte d’une crinière et un corps de lion, des ailes de démon, et un dard de scorpion géant, on a fait plus charmant pour illustrer les livres de contes pour enfant !). En vain bien entendu, je n’ai jamais vu pire tête de mule que Sach, il est inébranlable lorsque il tient quelque chose dans son cerveau surdéveloppé ! « Ce remède est indispensable » me répétait il… Pour finir c’est lui qui m’a convaincu de l’accompagner. J’aurais eu l’air fin à attendre dans notre cabane son improbable retour !
J’ai donc aiguisé ma hache, et nous sommes partis pour les cavernes de R’lyeh. Je vous épargne les anicroches que nous avons connues avec les vers géants et les tribus de gobelins, c’était plus ennuyeux qu’instructif !

J’ouvrais la route (si l’on peut appeler route un boyau de 1,5 mètre de diamètre, creusé dans la terre et qui plonge vers le sol à 50° sur presque une lieue) ; lanterne dans la main gauche et hache à double lame dans la droite… comme prévu le tunnel aboutissait à une large salle avec des colonnes de marbre est des dalles de pierre. Le tout était illuminé par le scintillement de sédiments qui pendaient comme des stalactites, à plus de 30 mètres de hauteur. De rares ouvertures permettaient aux rayons de soleil de s’infiltrer on ne sait comment et de former par réverbération avec ces pierres, de magnifiques rais de lumière. Mais certains endroits étaient complètement ombragés, ce qui rendait les divers bruits de respiration que l’on pouvait entendre bien plus inquiétants que de coutume, l’acoustique de cette salle était digne de celle d’un temple de Mohja, et chaque bruit venait nous percuter les esgourdes en apportant son lot de frissons.
Le sol se situait à 10 mètres en contrebas de l’ouverture par laquelle nos têtes dépassaient pour mieux contempler cet étonnant spectacle, nous sommes descendus discrètement grâce à la corde que Sach avait transportée durant tout le voyage, (10 mètres il ne fallait pas plus, pas moins, il avait calculé au centimètre près en regardant un simple plan, ce n’est pas qu’un détail lorsque l’on connaît le poids d’une corde solide).
La manticore se trouvait dans un des nombreux recoins de cette grande salle, nous ne pouvions nous guider aux sons, car il y en avait trop qui résonnaient dans cet espace à l’ acoustique parfaite, (bourdonnements, ruissellements, respirations, ronflements et j’en passe) et notre vue était assez largement handicapée par cette alternances de luminosité et d’obscurité, il n’était pas rare qu’un rayon vienne nous éblouir par surprise.
C’était trop dangereux de chercher la manticore en fouillant chaque cache. Mais comme toujours, Sach avait un plan. Il me dit, comme ça, l’air de rien : « tu sais quelle voix ça a une manticore ? » et de son sac, il sort… une trompette ! « Ca a cette voix là ! ». Je vous raconte pas le raffut de tout les diables qu’il a provoqué dans la caverne, on voyait les oiseaux et autres chauves-souris partir dans tous les sens, mais lorsque il s’est tu, rien de comparable au son d’une trompette ne parvînt à nos oreilles, apparemment une manticore ne parle pas en faisant des couacs, et elle n’avait rien à répondre à un tel analphabète. Essayes… toi ! me dit t-il avec une moue de vexation que je lui connaissais déjà pour l’avoir souvent battu au poker, et il me tendit l’objet dédaigneusement. C’est tout juste si il aurait préféré que je ne sache en sortir le moindre son, mais je connaissais le solfège, et sachez que les nains ne sont pas les derniers lorsqu’il s’agit de musique !
J’ai joué la sérénade que ma mère nous interprétait lorsque j’étais encore imberbe, c’était magnifique, les habitants de la caverne n’avait jamais connu rien de tel, j’en suis certain ! Et grâce à cette acoustique pour luthier cacochyme j’avais l’impression d’être Miles Davis lui même ! Même Sach en est resté ébahi.

Mais la voix qui venait en contrepoint n’était pas celle d’un Jazzman.

Ca fait une impression bizarre de constater qu’un monstre peut produire ce son là !

Sach n’est pas musicien, c’est un fait désormais avéré, pourtant son oreille est infaillible, il a immédiatement repéré l’endroit ou la bête se trouvait.

D’un geste de la tête il me désigna une étroite cavité, à une vingtaine de mètres, il y avait bien là bas une sorte de gros lion qui semblait coincé dans l’anfractuosité.

« Il est pris, c’est notre chance ! Il a dû prendre ma sérénade pour une femelle est s’est fait piéger par les rochers en voulant se précipiter, J’Y VAIS ! »

A cet instant là j’avais oublié tout ce que l’expérience de la guerre m’avait enseigné, mon numéro de concertiste m’avais donné des ailes et ôté tout sens du jugement ! Comme un bleu, j’ai foncé sur le monstre en faisant tournoyer ma hache et en hurlant des « tayaut ! » à tout va, je tenais toujours la trompette dans ma main gauche. Sach a bien essayé de me retenir par un cri de mise en garde, mais c’était comme si le sang qui affluait dans mes tempes m’avait bouché les portugaises !

La deuxième chose qui aurait pu m’être fatale, c’était ma méconnaissance de la bestiole qui était en face. Je la savais rusée (quoique pas à ce point) mais Sach avait omis de me dire qu’elle était capable de lancer des aiguilles venimeuses avec sa queue de scorpion !

Premier constat terrifiant : Elle était là, à 10 mètres, parfaitement dégagée et libre de tout mouvement, c’est elle qui m’avait piégé. J’avais dû trop bien lui jouer de la trompette et elle s’était méfiée. La terreur m’a plongé dans un mutisme affolé, et ma course manquait tout à coup fortement de conviction, d’autant que je pouvais apercevoir _ et c’était là mon second constat effrayant_ les 3 rangées d’énormes dents qui ornaient sa mâchoire difforme, ainsi que son pelage écarlate que l’atmosphère de la grande salle aux sédiments lumineux faisait rutiler comme un rubis.

La première volée d’aiguilles (au moins une douzaine) n’a pas fait de dégâts trop importants, par chance, ma hache et ma trompette m’ont servi de bouclier et mon armure à fait le reste. Mais alors que je m’apprêtais à conclure ma charge en propulsant ma hache vers son visage, une légère impulsion des postérieurs lui fit gagner directement une dizaine de mètre, avec ses ailes elle parvenait à se maintenir en l’air sans grâce mais avec une agilité déconcertante.

J’offrais une cible parfaite, la deuxième salve fut dévastatrice : mon bras droit fut traversé de part en part par 2 dards, mes jambes furent criblées, d’autres aiguilles se figèrent dans mon armure, et mon front en accueillit une autre. Ma main ne pouvait plus serrer mon arme correctement, je fus obligé de l’abandonner au sol.

Je suis resté debout par un effort aussi inutile qu’héroïque, je ne pouvais plus effectuer le moindre mouvement, la souffrance était insupportable, en plus d’être empoisonnés, ces projectiles semblait distiller de l’acide dans mon organisme… La gueule de Zorg, vous dis je, j’étais en plein dedans.

Mais Sach, ce brave Sach était là, et il m’a une fois de plus sauvé la vie.

La bête n’avait plus qu’à plonger pour me déchiqueter, elle s’élança… sans savoir que j’étais accompagné, sinon je crois que son sens des priorités lui aurait commandé de me délaisser un moment.

Mon ami Mystic était doué pour la magie, mais c’est un domaine qu’il avait rapidement méprisé au profit de l’alchimie, il ne pouvait donc connaître aucun sort puissant. Mais sa connaissance de la magie basique en fait un des tous meilleurs sorciers grâce à un sens de l’à-propos unique dans tout Atlantis.

Son choix du sort de pesanteur était le meilleur possible à cet instant : Je n’ai rien vu de ses gestes mais je connais mon Sach par cœur, lorsque il lance ce sort il se courbe comme si il ployait sous le poids de l’univers et il scande d’une voix aiguë : « MAZTERACH ! » en désignant sa cible avec des yeux exorbités par l’effort physique que lui commande le poids qu’il porte virtuellement et par l’effort de concentration demandé à son esprit conjugués.

La manticore tomba comme une pierre, à quelques mètres de moi. Une chute de 8 mètres aux moins, un fracas épouvantable. Le hurlement qui suivit me fit comprendre que c’était fini pour elle, Sach m’a raconté ensuite, sur mon lit d’hôpital, qu’elle eu avait une aile brisée, ainsi que 2 pattes. C’est à cet instant que j’avais abandonné toute volonté de résister et perdais conscience…

Il l’a achevée, d’abord en l’endormant par un sort d’anesthésie, puis en lui tranchant la gorge avec son poignard, il déteste faire cela, il n’aurait peut être pas été obligé de le faire si je n’avais pas été pris de cette espèce de folie qui m’a fait attaquer, et il lui arrive de me le reprocher, même si me connaissant il se demande si mon comportement n’est pas à attribuer aux effets envoûtants de l’acoustique de cette salle, qui pouvait provenir de l’ensorcellement d’un magicien puissant. Ou même à la créature elle même par magie ou par chimie, qui sait ?

Moi je peux vous certifier que je ne m’étais jamais conduit ainsi au combat depuis la première fois ou j’avais fait couler le sang…

Pour nous ramener à la maison, Sach a dû se lancer des sorts de force accrue à répétition, ce qui le fatiguait aussi beaucoup, d’autant que n’était pas spécialisé dans l’enchantement, il avait été très éprouvé par ceux qu’il avait jetés pour me sauver la vie.

Il a tout de même réussi à remonter vers le boyau en me transportant sur son dos, puis il m’a tiré jusqu’à l’extérieur, il a contenu le poison comme il a pu, mais j’étais entre la vie et la mort. L’ironie du sort c’est qu’il a finalement dû utiliser une bonne partie des substances prélevées sur le dard pour me sauver. Et il n’a pu le faire qu’une fois rentré à la cabane, là ou il avait tous les ingrédients nécessaires à disposition. Ce sont des nomades humains qui nous ont ramené en chariot. Du moins sur les deux tiers du trajet, le premier tiers c’est Sach qui l’a effectué avec le poids mort que j’étais.

Pendant qu’il marchait, je rêvais que j’étais une manticore…